Taxer les cryptos : une erreur stratégique ? Le Cato Institute s’oppose au fisc

Le débat sur la fiscalité des actifs numériques prend un nouveau tournant aux États-Unis. Le Cato Institute, célèbre groupe de réflexion libéral, vient de publier une analyse percutante. Son constat est sans appel : le système actuel de taxation des plus-values sur les cryptomonnaies ne fonctionne pas. Pire, il freine l’innovation financière.

Un cauchemar administratif pour les usagers

Aujourd’hui, chaque transaction déclenche potentiellement un événement fiscal. Vous achetez un café avec des fractions de Bitcoin ? Vous devez calculer la plus-value par rapport au prix d’achat initial. Pour le Cato Institute, cette règle transforme la gestion quotidienne des cryptos en un véritable casse-tête comptable.

Cette complexité rebute les utilisateurs honnêtes. Elle décourage aussi l’usage du Bitcoin comme véritable moyen de paiement. Au lieu de favoriser la circulation des actifs, le fisc pousse les détenteurs à une simple stratégie de conservation. Le rapport souligne que cette lourdeur administrative génère finalement peu de revenus pour l’État par rapport aux coûts de contrôle qu’elle impose.

La neutralité technologique en question

Le Cato Institute fustige également le manque de neutralité du gouvernement. Selon les chercheurs, les autorités traitent les cryptomonnaies plus sévèrement que les devises étrangères ou certains actifs financiers classiques.

Le fisc américain (IRS) considère les actifs numériques comme des propriétés. Cette classification impose des obligations déclaratives bien plus strictes que pour le dollar ou l’euro. Pour le groupe de réflexion, cette distinction n’a « aucun sens » sur le plan économique. Elle crée une barrière artificielle qui protège le système bancaire traditionnel contre la concurrence technologique.

Vers une exonération des petites transactions ?

Pour débloquer la situation, le rapport propose plusieurs pistes de réforme. La plus urgente concerne l’instauration d’un seuil d’exonération pour les petits paiements. Si un utilisateur dépense moins de 200 ou 600 dollars, la transaction ne devrait pas faire l’objet d’une déclaration de plus-value.

Une telle mesure simplifierait la vie de millions d’Américains. Elle permettrait enfin aux cryptomonnaies de remplir leur rôle de monnaie d’échange. Actuellement, la peur du redressement fiscal bloque l’adoption des solutions de paiement instantanées, comme le Lightning Network.

L’enjeu de la compétitivité mondiale

Au-delà de l’aspect pratique, le Cato Institute alerte sur la fuite des capitaux. Les entrepreneurs du secteur Web3 privilégient les juridictions offrant une clarté fiscale, comme les Émirats arabes unis ou certains pays européens.

Si les États-Unis maintiennent une pression fiscale punitive et confuse, ils risquent de perdre leur leadership technologique. Le rapport conclut que le gouvernement doit cesser de voir les cryptomonnaies uniquement comme une source de recettes immédiates. Il doit plutôt les percevoir comme une infrastructure essentielle pour l’économie de demain.