Les paris de Polymarket spéculant sur Trump contre Harris ont atteint un record de 445 millions de dollars

Polymarket et Kalshi dans le viseur du Congrès américain

Les marchés prédictifs entrent dans une zone de turbulence

Les plateformes de marchés prédictifs connaissent une ascension spectaculaire depuis deux ans. Qu’il s’agisse d’élections, de conflits géopolitiques ou de décisions économiques, des millions de dollars sont désormais misés chaque jour sur des plateformes comme Polymarket et Kalshi. Mais ce succès fulgurant attire désormais l’attention des autorités américaines.

Le Congrès des États-Unis a ouvert une enquête officielle sur ces deux acteurs majeurs du secteur afin de déterminer si certains utilisateurs ont profité d’informations confidentielles pour réaliser des gains massifs. Le président de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, James Comer, a demandé plusieurs documents internes aux deux entreprises afin d’évaluer leurs dispositifs de conformité et leurs mécanismes de surveillance des transactions suspectes.

L’objectif est double : vérifier l’efficacité des contrôles anti-fraude et comprendre si ces plateformes sont devenues un terrain favorable aux délits d’initié numériques.

Quand les paris semblent trop précis pour être une coïncidence

Les soupçons se sont multipliés ces derniers mois autour de plusieurs paris particulièrement troublants. Des enquêtes journalistiques ont notamment relevé des prises de position réalisées juste avant des événements géopolitiques majeurs, notamment des opérations militaires au Moyen-Orient ou des annonces politiques sensibles.

Dans certains cas, les gains engrangés ont alimenté les craintes d’utilisation d’informations non publiques. Un soldat américain a même été accusé d’avoir utilisé des données confidentielles concernant une opération liée au Venezuela pour parier sur un marché prédictif et générer plusieurs centaines de milliers de dollars de profits.

Ces affaires rappellent fortement les problématiques déjà connues sur les marchés financiers traditionnels. La différence est qu’ici, les actifs échangés ne sont pas des actions ou des obligations, mais des probabilités liées à des événements futurs.

Pour les régulateurs américains, la frontière entre intelligence collective et exploitation illégale d’informations privilégiées devient de plus en plus floue.

Une industrie qui gagne en influence politique

Le volume des paris atteint désormais des niveaux considérables. Des millions de dollars circulent sur des événements liés au Congrès américain, à la politique monétaire ou encore aux tensions géopolitiques internationales. Cette montée en puissance transforme ces plateformes en acteurs influents capables d’orienter les perceptions publiques.

Mais cette visibilité attire aussi les critiques. Plusieurs élus américains craignent que certaines personnes disposant d’informations sensibles — militaires, politiques ou économiques — puissent manipuler ces marchés à leur avantage.

Vers un durcissement de la régulation ?

Face à ces inquiétudes, plusieurs initiatives politiques émergent déjà aux États-Unis. Un projet de loi baptisé “PREDICT Act” vise notamment à limiter l’accès des responsables gouvernementaux et de certains fonctionnaires aux plateformes de marchés prédictifs afin de réduire les risques de conflits d’intérêts et de délits d’initié.

Les plateformes concernées assurent de leur côté disposer de mécanismes de surveillance performants. Kalshi affirme notamment coopérer pleinement avec les autorités et avoir déjà sanctionné certains comportements suspects.