Iran : effondrement du rial et révolte populaire face à une crise économique sans précédent
L’Iran traverse une crise économique et sociale majeure, marquée par une dévaluation historique de sa monnaie nationale, le rial, et des manifestations massives contre la détérioration rapide des conditions de vie. Depuis la fin de décembre 2025, des protestations se propagent dans tout le pays, devenant l’un des mouvements sociaux les plus étendus depuis plusieurs années.
La flambée de l’inflation – qui a dépassé 40 % en 2025 – combinée à la chute du rial à près de 1,45 million pour un dollar, a profondément érodé le pouvoir d’achat des Iraniens. Les prix des biens essentiels, notamment la nourriture, ont grimpé en flèche, rendant de plus en plus difficile la satisfaction des besoins quotidiens pour de nombreuses familles.
L’origine immédiate des protestations remonte aux commerçants de Tehran’s Grand Bazaar et des marchés environnants, qui ont fermé leurs boutiques en signe de contestation face à la volatilité des prix et à la perte de valeur de la monnaie locale. Ces premières actions ont rapidement déclenché des manifestations plus larges, qui se sont étendues à d’autres grandes villes, dont Isfahan, Shiraz, et Mashhad, impliquant également des étudiants et d’autres membres de la société civile.
Les slogans des protestataires vont au-delà des revendications économiques : ils expriment une colère plus profonde contre la gestion gouvernementale de l’économie, ainsi que des aspirations à des changements structurels dans le pays. Les rassemblements ont été largement disséminés à travers au moins 27 provinces, selon les observateurs, faisant de ce mouvement l’un des plus vastes mouvements de contestation depuis 2022.
Face à cette agitation populaire, les autorités iraniennes ont tenté de contenir la crise en remplaçant le gouverneur de la Banque centrale et en promettant des réformes, mais la méfiance reste intense. La combinaison de sanctions internationales, de pression économique interne et d’une monnaie en chute libre continue de mettre à rude épreuve le tissu social du pays, plongeant de nombreux Iraniens dans l’incertitude quant à l’avenir économique et politique de la République islamique.
