Bitcoin : Oman et les Émirats arabes unis deviennent des géants inattendus du minage

Un classement mondial qui bouscule les idées reçues

Le paysage du minage de Bitcoin évolue rapidement. Pendant longtemps, les pays froids et riches en énergie bon marché dominaient ce secteur. Le Canada, la Russie ou encore certains États américains figuraient parmi les destinations privilégiées pour installer des fermes de minage.

Mais une nouvelle étude change la perception du marché. L’indice Bitcoin Mining Ease to Mine Index (EMI) 2026, publié par Hashlabs, classe désormais Oman et les Émirats arabes unis parmi les juridictions les plus attractives au monde pour miner du bitcoin.

Ce résultat surprend à première vue. Les deux pays se situent dans une région désertique où la chaleur complique le refroidissement des machines. Pourtant, d’autres facteurs jouent un rôle plus déterminant dans la rentabilité du minage.

Selon l’étude, le classement repose sur plusieurs critères : coût de l’électricité, stabilité réglementaire, fiscalité, facilité administrative et délais de raccordement au réseau énergétique.

Dans ces domaines, les pays du Golfe ont réussi à construire un environnement particulièrement favorable.

Oman, nouveau leader mondial du minage

La grande surprise du classement vient d’Oman. Le pays occupe la première place mondiale dans l’indice EMI 2026 avec un score de 0,75.

Plusieurs facteurs expliquent cette position. Le sultanat propose un cadre réglementaire clair et des procédures administratives relativement rapides pour connecter de nouvelles infrastructures énergétiques. Les délais de raccordement au réseau oscillent généralement entre 6 et 12 mois, ce qui reste compétitif pour l’industrie.

Les coûts douaniers pour importer du matériel informatique, comme les machines ASIC utilisées pour miner du bitcoin, restent également faibles. Dans certains cas, les droits de douane ne dépassent pas 5 %.

Oman cherche aussi à diversifier son économie, longtemps dépendante du pétrole. Le développement de centres de calcul et d’infrastructures liées au minage représente une nouvelle manière de valoriser l’énergie disponible.

Cette stratégie attire déjà des acteurs internationaux du secteur.

Les Émirats arabes unis accélèrent leur stratégie crypto

Juste derrière Oman, les Émirats arabes unis occupent la deuxième place du classement avec un score de 0,71.

Le pays poursuit depuis plusieurs années une stratégie ambitieuse pour devenir un hub mondial de la cryptomonnaie. Les autorités ont multiplié les initiatives pour attirer les entreprises du secteur, notamment à Abu Dhabi et à Dubaï.

Cette politique porte déjà ses fruits. Selon certaines analyses, les Émirats arabes unis représentent environ 3,1 % du hashrate mondial, soit la puissance de calcul consacrée au minage de Bitcoin.

Le pays dispose aussi d’importantes ressources énergétiques. L’accès à une électricité relativement stable et à des financements institutionnels permet de développer des infrastructures industrielles de grande taille.

Les autorités participent même directement à certaines initiatives. Des opérations de minage liées à l’État ont déjà permis d’accumuler plusieurs milliers de bitcoins, représentant plusieurs centaines de millions de dollars.

Le Moyen-Orient, nouveau centre du minage mondial

L’émergence d’Oman et des Émirats arabes unis révèle une transformation plus large du secteur. Le minage de Bitcoin ne dépend plus uniquement du climat froid ou de l’hydroélectricité.

Aujourd’hui, les entreprises recherchent surtout trois éléments : une énergie compétitive, une réglementation stable et un accès rapide aux infrastructures. Dans ce contexte, plusieurs pays du Moyen-Orient apparaissent comme des candidats sérieux.

La région détient déjà entre 3 % et 5 % du hashrate mondial, avec une croissance régulière ces dernières années.

Les gouvernements y voient une opportunité économique. Le minage permet de monétiser des surplus énergétiques, notamment issus du gaz naturel ou d’autres ressources locales.

Une nouvelle carte mondiale du Bitcoin

Cette évolution montre que la géographie du Bitcoin reste en mouvement constant. Après l’interdiction du minage en Chine en 2021, l’industrie s’est progressivement redistribuée à travers le monde.

Aujourd’hui, de nouveaux centres émergent dans des régions inattendues. Le Moyen-Orient en fait désormais partie.

Si la tendance se confirme, Oman et les Émirats arabes unis pourraient devenir des acteurs majeurs du réseau Bitcoin dans les années à venir. Leur stratégie combine énergie abondante, vision politique et volonté d’attirer les technologies du futur.